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Tribune de Marc Antoine de La Chevasnerie

A un an des primaires, la droite aura-t-elle enfin le courage de proposer une véritable révolution économique ?

Changer de nom à l’UMP, pourquoi pas. Parler Europe, immigration, éducation, valeurs, c’est une nécessité. Mais il y a surtout urgence à repenser notre logiciel économique, et sur ce sujet, on n’entend pas grand-chose à l’UMP ! Avec un chômage record, des impôts qui n’ont jamais été aussi élevés, des caisses de retraites continuellement au bord du dépôt de bilan, une dette qui explose, bref un modèle social français en quasi-faillite, il n’y aura point de salut pour la France et les français sans révolution économique en 2017.

Et autant le dire tout de suite, nous sommes seuls responsables de la situation. Certains trouvent dans l’Europe le bouc émissaire idéal. Mais à ce qu’on sache, ce n’est pas Bruxelles qui vote nos taux d’imposition, décide du montant de nos prestations sociales, de nos régimes de retraites ou rédige notre code du travail ! L’Europe pose d’autres problèmes mais, sur ces sujets, nous sommes libres de reprendre notre destin en main !

A droite, nous devons enfin revendiquer sans trembler une baisse de la dépense publique pour redonner un grand souffle à notre économie. A chaque élection, c’est toujours la même chose : on hésite, on annonce quelques petites baisses des dépenses et puis une fois au pouvoir, plus rien. Mais qui osera enfin dire que trop d’Etat tue l’Etat ? C’est bien simple : pas un budget de l’Etat où les recettes ne soient supérieures aux dépenses depuis 40 ans (1974) et un « trou de la sécu » - retraites, assurances maladie et chômage - qui n’en finit pas de se creuser. Bref, partout et depuis trop longtemps, nous dépensons au-delà de nos moyens ! A un an des primaires pour l’élection présidentielle, il y a urgence à lancer le débat.

Autant l’avouer : la droite n’a guère fait mieux que la gauche sur ce sujet par le passé ! Depuis l’élection de François Mitterrand en 1981, droite et gauche ont été aux responsabilités aussi longtemps l’une que l’autre (16 ans à droite et 17 ans à gauche). Résultat : la dépense publique et la dette n’ont cessé d’augmenter, quelle que soit la couleur politique des gouvernements. Bien sûr, il y a eu la crise, mais ce genre d’excuse ne nous tirera pas d’affaire à l’heure des comptes. Il faut regarder la réalité en face : notre fameux « modèle social » vit à crédit depuis 40 ans !

Pire, à la déresponsabilisation s’ajoute le mensonge. Les déclarations du gouvernement de François Hollande sur les fameux « 50 milliards d’économie » sont un modèle du genre : au lieu de faire de vraies économies, on enfume les français avec de subtils artifices comptables en continuant d’augmenter les dépenses, mais un peu moins vite que par le passé.

A droite, il est temps de définir une bonne fois pour toutes ce qui relève de la solidarité nationale et ce qui n’en relève pas. On entend ici ou là qu’il est impossible de gagner une élection – départementale, régionale, et même nationale - en disant aux français qu’il va falloir (un peu) ajuster la voilure. Mais est-ce bien raisonnable de laisser à nos enfants et nos petits-enfants un système qui ne survit que grâce à l’endettement ? Un pays où le niveau record des impôts étouffe l’initiative ? Un pays où le chômage laisse 10% de la population sur le carreau ?

On ne voit pas au nom de quoi les jeunes générations devraient payer les pots cassés d’une gestion irresponsable ces 30 dernières années. Cette situation est d’autant plus injuste que les jeunes sont déjà confrontés à de fortes difficultés sur le marché de l’emploi et à des problèmes de logements.

Aujourd’hui, c’est de courage politique dont nous avons besoin. Nul besoin de réinventer la roue : les solutions sont déjà bien connues et tous les rapports (Cour des Comptes, OCDE, think tanks, etc.) ne cessent de les rabâcher. Mais pour réussir là où 30 ans de politique ont échoué, il faut, à droite, être capable d’expliquer maintenant et en détail où réduire la dépense publique, sans fausse pudeur.

Les pistes sont nombreuses : réduire le nombre d’agents publics (non-remplacement des départs en retraite, augmentation du temps de travail dans la fonction publique), repousser l’âge de la retraite pour tenir compte de l’allongement de l’espérance de vie, refondre le système d’indemnisation chômage, etc. Attention aux victoires par défaut aux prochaines élections : sans mandat clair, pas de réforme possible.

Contrairement à ce qu’on entend partout, moins de dépenses ne rime pas toujours avec moins de services publics. Notre système éducatif en est la meilleure illustration : si l’on regarde le taux de décrochage scolaire, celui d’élèves diplômés du secondaire ou les résultats au test PISA, on voit que la France affiche des résultats bien loin derrière ceux de l’Allemagne avec une dépense par élève pourtant bien plus élevée. Bref, contrairement à ce qu’on entend partout, nos problèmes ne sont pas qu’une question de moyens et nos voisins font réellement mieux avec moins !

Qui plus est, notre pays dispose de formidables atouts. Sait-on que nos infrastructures télécoms sont classées parmi les meilleures au monde ? Sait-on que la France est la première destination touristique mondiale ? Sait-on que notre démographie est parmi les plus dynamiques en Europe et que d’ici 2050, la population française aura dépassé la population allemande ? C’est évident, nous avons tout pour réussir, à une condition : mettre fin à l’hypertrophie de la dépense publique, sans brutalité mais sans reculer au premier coup de semonce, pour enfin libérer les énergies du pays !

L’année 2015 doit être l’occasion de réfléchir à la rupture économique que nous voulons proposer aux français dans les années qui viennent. Il faut dire la vérité : nous devons et nous pouvons réinventer notre modèle social. C’est seulement à ce prix que la droite sera à nouveau crédible, partout où elle entend exercer les responsabilités.

Marc Antoine de La Chevasnerie , Conseiller Municipal délégué en charge des Finances et du Mécenat à Guérande

www.chevasnerie.fr