UMP 44

ACCUEIL > Transfert du CHU sur l’Ile de Nantes

Actualités

Transfert du CHU sur l’Ile de Nantes

Le 25 juin dernier, en session de Conseil communautaire, je posais la question suivante à la majorité : « Concernant le coût du transfert, que se passera-t-il si l’Etat donne son accord de principe sans les financements demandés ? ». Cette question était restée sans réponse.

Aujourd’hui, la décision du ministère de la Santé de transférer le CHU sur l’île de Nantes sans aucun financement associé à ce transfert témoigne de la gestion socialiste hasardeuse de ce dossier.

Que vaut une décision du Ministère de la Santé sans les financements correspondants ? L’accord du ministère devrait précisément être conditionné à l’aide financière qu’il pourrait apporter au projet. La décision du Ministère de la Santé s’apparente donc aujourd’hui davantage à une opération de communication qu’à une réelle garantie de financement du transfert du CHU sur l’île de Nantes. Une fois de plus, il s’agit donc pour la majorité socialiste de lancer l’opération au plus vite, sans se soucier de savoir qui paiera la facture.

Depuis le début, ce dossier est géré dans une opacité complète. Aucune visibilité n’est donnée sur le financement de ce transfert ; aucune visibilité n’est donnée sur les coûts induits pour Nantes (franchissement de Loire, déménagement du MIN, etc…). Le coût global du projet est évalué à 600 millions d’euros valeur 2011 (alors que nous sommes en 2014 !), et 900 millions d’euros en 2025. Que cache cette manière biaisée de communiquer sur le coût du projet, alors qu’aucun autre projet métropolitain n’est évalué de cette manière, en euros d’hier et de demain !

De nombreuses voix se sont élevées depuis le début sur la pertinence du choix de l’île de Nantes. Plus de 130 personnalités nantaises ont émis des doutes sur l’intérêt de ce site ; le Conseil de développement s’est interrogé sur la pertinence d’enfermer l’hôpital « dans une boîte à chaussures ». Jamais ces personnalités et instances nantaises n’ont été invitées à présenter leur point de vue devant les élus de Nantes et de l’agglomération.

Jour après jour, tout montre que la majorité gère ce dossier dans l’improvisation la plus complète, sans aucune vision d’ensemble pour l’avenir de la santé publique sur notre territoire.

- un jour le CHU nécessite une emprise de 15 ha, le lendemain seulement 10 ;
- un jour il faut un Chronobus, le lendemain un tramway, ou peut-être un busway ;
- un jour 270 millions d’euros (coût annoncé par Jean-Marc Ayrault au Conseil Municipal de décembre 2010), le lendemain 1 milliard ;
- un jour un pont bas, le lendemain le doublement d’Anne de Bretagne ;
- un jour une emprise au coeur de l’île, le lendemain en bord de Loire ;
- un jour un regroupement complet des structures de soins, le lendemain un déménagement partiel de certains sites hospitaliers.

Cette décision du ministère de la Santé est donc purement politique : en 2008 on découvre, 6 mois après les élections municipales, le déficit abyssal du CHU de Nantes (33 millions d’euros) ; en 2013, on se dépêche de refermer le dossier 9 mois avant les prochaines élections municipales.

La question du transfert du CHU est particulièrement structurante pour la santé des Nantais et des habitants de la région, l’aménagement urbain de l’île de Nantes, les enjeux de densification urbaine, et les déplacements dans l’agglomération nantaise.

L’absence de financements octroyés à ce projet par le ministère de la Santé ne donne à aujourd’hui aucune certitude sur sa réalisation. En tant qu’élue à la ville de Nantes et à la communauté urbaine de Nantes Métropole, je continuerai donc à combattre l’opacité complète avec laquelle est gérée ce dossier, et à mettre en avant, dans l’intérêt des Nantais et des habitants de l’agglomération, les incohérences de ce transfert sur l’île de Nantes."

Laurence GARNIER, Conseillère municipale de Nantes, Conseillère communautaire Nantes Métropole, Secrétaire départementale adjointe de l’UMP 44