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TRIBUNE DE GATIEN MEUNIER

STATUT DE L’ELU : UNE REFORME S’IMPOSE !

A l’occasion des récentes cérémonies des vœux qui accompagnent traditionnellement cette période de l’année, cela a été l’occasion pour un grand nombre d’élus d’annoncer leur volonté de ne pas se représenter en mars prochain.

Au-delà de ces décisions qui recouvrent des motifs très différents, mais toujours respectables, est apparue une autre réalité : la difficulté dans beaucoup de cas de trouver des hommes et des femmes qui acceptent de s’engager pour ce mandat municipal. Il se pourrait que dans certaines communes, l’Etat au soir du 30 mars, soit appelé à se substituer aux élus, faute d’avoir pu constituer une liste.

A cela plusieurs raisons, j’en retiendrai deux :

- la première a trait à la modification de la procédure de vote et l’extension du vote à la proportionnelle pour les communes de 1000 habitants et plus, ce qui complexifie d’autant la recherche de colistiers, notamment dans les petites communes ;

- la seconde tient au fait que la fonction de maire et d’élu, si elle est passionnante, n’en demeure pas moins très prenante. Les exigences et la disponibilité qu’elle impose ne sont plus compatibles avec les contraintes de la vie moderne.

Pour s’en convaincre, il est facile d’imaginer quel serait le rythme de vie d’une jeune mère de famille, travaillant à l’extérieur, devant en plus de la vie du foyer, assumer des présences dans la journée en mairie et participer à des commissions municipales et/ou intercommunales le soir, sans parler des inaugurations, des assemblées générales, des remises de décorations, etc…

Il en est de même pour le chef d’entreprise, le commerçant, les professions libérales dont les activités ne souffrent pas l’approximation. De la même façon, quel sera le sort réservé à un salarié, par un patron qui devra pallier régulièrement les absences de son employé et qu’en penseront ses collègues contraints de compenser ces mêmes absences ?

Autant de questions soulevées par les candidats éventuels à cette noble tâche.

Or, la nature ayant horreur du vide, il se trouve une catégorie de nos concitoyens qui postule, notamment dans les grandes villes pour occuper ces postes. Il s’agit des collaborateurs politiques, des cadres territoriaux, des fonctionnaires qui, comme chacun sait, ont la faculté de pouvoir se mettre en disponibilité le temps du mandat, puis de réintégrer leur poste à l’issue en cas d’infortune politique. Sans remettre en cause leur compétence, ni leur droit à un engagement politique, on voit donc, et notamment à l’occasion de la constitution de certaines listes, ces personnes occuper plus d’un tiers des places sur ces listes. Les listes socialistes de Nantes et de Saint Nazaire sont l’illustration de ce « remplissage ». Il s’ensuit une « consanguinité » extrêmement préjudiciable au débat démocratique. Cela contribue également au désintérêt de plus en plus grand de nos concitoyens à l’égard de la politique et envers ceux qui la font, même si le maire reste l’élu le plus apprécié des Français, étant un élu de proximité abordable et dont les actions, bonnes ou mauvaises, sont immédiatement ressenties par leurs administrés.

Ce constat étant fait, il n’y a, selon moi, qu’une seule réponse permettant de pallier à cette situation : la création d’un statut de l’élu. En effet, tant que les élus de la société civile ne pourront pas bénéficier d’un statut, le même pour tous : garantissant un revenu minimum ; offrant des possibilités de formation ; de reconversion ; permettant le retour à la vie professionnelle, il ne sera pas possible d’enrayer le déclin des « vocations ».

Il appartient au législateur, de s’atteler sans plus tarder à cette réforme fondamentale pour l’avenir de notre société. Elle permettra ainsi de favoriser le renouvellement de la classe politique, sinon le fossé qui se creuse entre les hommes politiques et les Français deviendra vite un précipice qu’il ne sera plus possible de combler avec les conséquences que l’on peut craindre au regard de la paix sociale.

Gatien MEUNIER, Maire-Adjoint à La Baule, Conseiller Général

Secrétaire départemental de l’UMP