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Session du Conseil Régional du 20 octobre 2016


Intervention de Laurent DEJOIE - REGION DES PAYS DE LA LOIRE

Débat sur les orientations budgétaires - 20 octobre 2016


M. le Président, M. le Président de la commission finances, Mes chers collègues,

Très clairement et malgré la présentation de François PINTE, la constance de nos engagements et le strict respect de notre programme qui inspirent nos orientations budgétaires ne sont pas entendus par tout le monde au sein de cette assemblée.

Je dirai même que les propos tenus par l’ancienne majorité socialiste deviennent désespérants. Votre déni de la réalité est criant. Votre agressivité est pathétique. A un peu moins de deux mois de l’anniversaire de votre défaite, il serait temps de comprendre que votre politique a été sanctionnée.

1. M. Clergeau, c’est bien vous qui parliez de confiance lors de la présentation de votre dernier budget 2015 en citant Goethe « si vous avez confiance en vous-même, vous inspirez confiance aux autres ». Mais une élection plus tard, nous découvrions l’ardoise que vous aviez laissée : Dois-je rappeler l’explosion de la dette de 536M€ en 6 ans ? Dois-je revenir sur le montant des restes à payer pour nos partenaires qui se montent à 1,7Mds€ ? Et cette fameuse dette cachée de 478M€ provenant d’autorisations de programme volontairement sous estimées. Drôle de manière d’inspirer confiance !

M. Clergeau, c’est bien cette ardoise qui a valu au Cabinet Standard & Poors de réviser à la baisser la note de la Région en considérant que « le volume d’engagements pluriannuels pris par le Précédent Exécutif régional était plus important qu’anticipé ».

D’ailleurs le CESER réclame désormais dans ses avis « un échéancier des engagements pluriannuels, un état précis es investissements programmés et leur phasage prévisionnel année par année en AP et CP. » J’interprète cette demande nouvelle comme une prise de conscience de vos errements !!!

2. M. Clergeau, en 2015, affolé par une possible défaite, vous avez ouvert les vannes de la dépense. Près de 675 millions d’investissements en 2014 et 660 millions en 2015.

3. Une trajectoire intenable qui nous emmenait vers une durée de la capacité de désendettement à 14 ans qui aurait ouvert une mise en tutelle de la région.

D’ailleurs, vous avez dû en avoir conscience puisque vous aviez vous-même prévu (page 25 du DOB 2015) qu’après le Noël électoral de 2015, l’investissement 2016 serait ramené à 430 millions.

Il est donc paradoxal de nous reprocher aujourd’hui une baisse des investissements alors même que notre programme est largement supérieur à ceux que vous imaginiez en 2016.

Décidemment, votre suffisance dissimule mal vos insuffisances.

La mauvaise foi n’ayant semble-t-il pas de limites : vous osez présenter l’idée récente du Gouvernement de transférer une partie de la TVA comme une recette miracle qui sauverait la Région alors qu’elle ne représentera que quelques millions d’euros bien loin des 2,2Mds€ de l’ardoise que vous laissée.

Cette mesure réclamée par les Présidents de Région de droite et du centre ne fera que couvrir les charges nouvelles des régions engendrées par la loi NOTRE. Et encore cette mesure n’entrerait en vigueur qu’au 1er janvier 2018.

C’est incroyable ce que le gouvernement actuel promet pour 2018 ! Un peu comme vous en 2014 et 2015 !

Pour en revenir à la confiance, celle-ci ne se décrète pas.

Pour notre part, nous sommes convaincus que la confiance s’acquiert en agissant de manière responsable.

C’est le choix que nous avons fait dès le DOB 2016 et que nous reconduisons pour ce DOB 2017.

Choix qui nous a valu un commentaire de perspective stable de votre agence de notation.

1. Oui, nous assumons vos dérives budgétaires et agissons en conséquence.

2. Oui, nous prenons nos responsabilités en reprenant en main le budget régional. Le vote en décembre du budget 2017 est un signal fort en ce sens. La réorganisation de nos services plus rigoureuse et moins politisée en est un autre.

Nos choix et nos convictions s’inscrivent dans les principes rappelés la semaine passée par la Cour des Comptes :

a. Baisse des dépenses publiques : « Le maintien de l’autofinancement des collectivités locales passe par l’intensification de leurs efforts de maîtrise des charges de fonctionnement, particulièrement de leur masse salariale. »

b. Prioriser les investissements : « Des leviers permettant aux collectivités de contribuer au redressement des comptes publics sans dégrader l’offre de services publics doivent être trouvés grâce à une meilleure maîtrise de leurs dépenses de fonctionnement et à une programmation plus sélective de leurs investissements. »

c. Ne pas augmenter les impôts : « Il convient d’éviter que l’accentuation de la contrainte financière qui pèse sur la gestion des collectivités locales, notamment du fait de la baisse des concours financiers de l’État, provoque une augmentation des impôts locaux. »

Alors oui, nous ne partageons pas la même approche de la gestion des deniers publics.

Votre ennemi c’est la finance publique, le nôtre c’est le déficit.

Comme tous les socialistes, ici ou à PARIS, vous êtes drogués à la dépense publique et à l’impôt.

Dépenser plus pour taxer plus, telle est votre devise.

Cette addiction à la dépense et aux impôts pose une vraie question : faut-il vous créer des salles de shoot ou vous pourriez vous adonner à vos drogues sans danger pour les autres.

Je pense que oui d’autant plus qu’elles existent. Cela s’appelle des casinos. On y dépense beaucoup. On y paie des impôts et on y gagne rarement. Uniquement quand on a du bol comme dirait François HOLLANDE.

Pour nous, Mesdames et Messieurs de l’opposition, la Région n’est pas un casino. Le budget n’est pas une partie de poker ou l’on dépense en pariant sur des ressources fiscales ou étatiques. On ne joue pas avec l’argent des contribuables. On ne joue pas avec l’argent des ligériens.

Nos orientations budgétaires, sérieuses mais volontaristes : elles sont pour le travail et l’emploi.

Elles sont pour une économie régionale dynamique et un équilibre des territoires retrouvé.

Je vous remercie.