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Intervention de Franck LOUVRIER, Session du 18 octobre

Monsieur le Président, mes chers collègues,

Etonnement sur l’absence du Président du Conseil Régional à cette session au moment où il aurait pu rassurer les familles des élèves de la Pivardière et au moment où il s’agit de voter 240 millions d’euros pour les transports.

Cette Décision Modificative n° 2 engage fortement et financièrement notre Région pour une période où la majorité actuelle ne sera peut-être plus aux responsabilités. Elle appelle deux remarques de fond. D’une part, nous ne pouvons pas soutenir votre stratégie financière qui se base sur la hausse continue des prélèvements et de l’endettement. Votre souhait de disposer de ressources “dynamiques” ne peut s’entendre que comme la tentation de plus d’impôts. Entendez-vous l’expression toujours plus forte du ras-le-bol fiscal de nos concitoyens ? Même votre amie socialiste Johanna Rolland, dont vous soutenez la candidature à Nantes, a posé comme premier engagement de sa campagne de ne pas augmenter les impôts pendant la mandature. Vérité à Nantes, erreur au-delà, c’est là la vraie question ?

Entendez-vous les alertes du CESER sur l’endettement ou dernièrement celles de la Cour des Comptes qui demande plus de vertu budgétaire en adaptant vos dépenses à vos recettes et non l’inverse ? Prenons un seul exemple qui illustre clairement votre politique : celui de Fontevraud. Comment peut-on expliquer que l’on consacre 15 millions d’euros pour un hôtel de 50 chambres ?

D’autre part, le choix de consacrer 240 millions d’euros (sur les 260 de cette DM2) à la modernisation du parc roulant régional est une décision politique que nous ne pouvons accepter aujourd’hui, que nous devons geler sachant d’autant plus que Bruxelles prépare son paquet ferroviaire qui obligera la mise en concurrence des opérateurs ferroviaires y compris pour les trains régionaux. Chacun comprendra donc notre prudence qui, de surcroit, même si cette dépense est engagée avant 2015, ne prendra effet que lors de la prochaine mandature. Le flou des compétences est illustré par la position du conseil général de Loire atlantique et n’a fait que renforcer notre prudence. Il est vrai que le Gouvernement se projette en 2025, le Conseil général de Loire-Atlantique en 2030 et notre Région va se réunir dans quelques semaines pour parler de 2040… Mes chers collègues, 2040 c’est maintenant ! Les Ligériens veulent savoir ce que l’on fait pour aujourd’hui et pour demain, pas pour la Saint Glinglin. Ils souhaitent que la région agisse immédiatement en faveur de l’emploi.

Ne croyez-vous pas que la priorité est de sauvegarder nos chantiers navals avant de savoir si on investit sur une ligne ferroviaire desservant notamment ce secteur ou dans une nouvelle filière industrielle dont le point de départ est la survie ou non de la navale ? Il faudrait mettre les priorités dans le bon ordre.

Nous réclamons donc le gel des investissements prévus dans ces domaines pour les consacrer dès à présent à l’augmentation de capital dans les Chantiers.

Je pense que certains dans votre majorité seraient prêts à nous suivre sur ce point.

Les trains régionaux -dont 75% ont été renouvelés depuis 2004- et les parcs éoliens peuvent attendre face à l’urgence qui menace l’emploi dans cet environnement professionnel. Si plus personne ne monte dans les trains, je crains que les investissements prévus ne soient guère utiles. Ne fragilisons pas un savoir-faire reconnu mondialement en ne consacrant pas tous les moyens pour le préserver. Faites les choix essentiels. Je pense aussi aux abattoirs GAD dont la situation critique affecte aussi la Loire-Atlantique.

L’Etat participe au capital de ce joyau à hauteur de 33 %. Pourquoi Région et État ne pourraient y effectuer une prise de contrôle majoritaire temporaire ?

La situation l’exige. Cet engagement exceptionnel, cette “natiorégionalisation” partielle et momentanée serait un signal très fort à l’endroit des 2000 salariés et des 4000 employés en sous-traitance mais surtout l’idée est de rassurer des potentiels investisseurs industriels. Ce qui a réussi à Alstom, quand nous étions dans la majorité, doit pouvoir se dupliquer aujourd’hui. Il faut juste y croire. Dans le contexte de contraintes des finances publiques, notre rôle est d’aider ceux qui en ont le plus besoin, de répondre à l’urgence économique quand elle se présente à nous, de lutter de ce fait contre la montée du désarroi face aux responsables politiques que nous sommes. Vous ne pouvez pas être désolé de la progression de l’extrême droite dans certaines de nos villes de l’Ouest, qui prospère en partie sur l’inefficacité du personnel politique, et penser ne pas apporter des solutions rapides pour assurer la pérennité d’un de nos plus beaux fleurons industriels. Aussi, nous voterons en l’état contre cette DM2.

Merci.

Franck LOUVRIER, Conseiller Régional - Région Pays de la Loire