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Inauguration de l’exposition Olivier Guichard

Discours de Franck Louvrier, Maire de La Baule-Escoublac

Mesdames, messieurs,

C’est tout à la fois avec beaucoup de fierté et d’émotion que j’inaugure aujourd’hui cette exposition consacrée à Olivier Guichard, dans le hall de cet Hôtel de ville qu’il fit sortir de terre. Celui qui aura tant contribué à l’essor de notre ville aurait en effet eu 100 ans demain. Il me paraissait donc indispensable de commémorer cette date, et c’est l’objet de cette manifestation. Je remercie Gatien Meunier, commissaire de cette exposition, et toutes les personnes qui l’ont accompagné, de l’avoir organisée en si peu de temps, dans ces circonstances sanitaires si particulières que nous connaissons.

Le parcours politique d’Olivier Guichard a été très riche, intense, et cette exposition le retrace très bien dans le détail. C’est l’occasion de se souvenir qu’il fut un homme fidèle, un homme de convictions, mais ouvert, un modernisateur déterminé, mais réfléchi.

Fidèle, il le fut d’abord au Général De Gaulle qu’il rejoignit dès 1947 et dont il fut le chef de cabinet durant la « traversée du désert » des années 50, quand le retour au pouvoir de « l’homme du 18 juin » semblait plus qu’incertain. Mais plus encore que le discret et important collaborateur du Général De Gaulle, Olivier Guichard restera dans les mémoires comme « le père de l’Aménagement du Territoire », partisan de la décentralisation, et un grand élu local. Pendant les nombreuses années qu’il passa à la tête de l’Aménagement, Olivier Guichard s’attacha à ordonner la révolution industrielle pour que le développement ne s’effectue pas d’une manière sauvage, mais profite autant que possible à toutes les régions, afin que s’interpénètrent le monde industriel et le monde rural. Il ne tarda pas à constater qu’aménager voulait dire aussi revoir la répartition des pouvoirs, c’est-à-dire décentraliser pour créer une harmonie entre le pouvoir central et les pouvoirs régionaux et locaux, et alléger l’Etat pour le garder fort. Recenser toutes les réalisations d’infrastructures serait trop long. Mais on retiendra, pour donner l’esprit et l’éventail de son action, le développement de huit métropoles d’équilibre régionales, le soutien aux villes moyennes, la création des parcs naturels régionaux et la conception du Conservatoire du littoral.

Cet état d’esprit, il eut l’occasion de le mettre en pratique dans l’exercice de ses mandats locaux. Il soulignait d’ailleurs avec amusement qu’il avait été 22 fois au suffrage universel. A la tête des Pays de la Loire de 1974 à 1998, Olivier Guichard réussit par son ascendant et son action à donner un esprit à cette région un peu atypique, composée de cinq départements issus de quatre provinces historiques. Pour la modeler, il a suscité des investissements lourds, donnant la priorité à l’estuaire de la Loire mais n’oubliant aucun département. Il a conçu des contrats entre la Région et les structures intercommunales, organisé des coopérations avec les régions voisines, modernisé les communications, développé l’enseignement supérieur et la recherche. Il a fait de l’ensemble Nantes-Saint-Nazaire la métropole du Grand Ouest et des Pays de la Loire, la locomotive de l’Arc atlantique.

Olivier Guichard jugeait que « les actions municipales s’adressent d’abord à ceux qui vivent dans la commune ». C’est pourquoi, maire de La Baule de 1971 à 1995, de l’édification de cet Hôtel de Ville à l’époque ultramoderne à l’aménagement et l’embellissement du bourg d’Escoublac, en passant par la création d’une zone artisanale, le nombre de réalisations et de réhabilitations qu’il a initié ici est considérable dans les domaines scolaire, sportif, du logement, de l’accueil des aînés… Il avait pleinement conscience qu’alors La Baule-Escoublac était une cité dont l’activité économique est tournée vers le tourisme. C’est pourquoi il a lancé la construction d’un nouvel Office du tourisme et l’édification du Centre culturel et de congrès Atlantia, qu’il voulait voir achevé avant que l’arrivée du TGV ne donne un nouvel essor à la station. D’où aussi l’accueil d’événements culturels et sportifs prestigieux. « Sans doute », a-t-il écrit dans son éditorial du bulletin municipal qu’il a créé, « la plus belle plage d’Europe doit-elle faire l’objet d’une attention toute spéciale pour être chaque année plus accueillante et plus agréable, mais la municipalité s’est aussi fixé comme but que les Baulois vivent mieux ensemble. » Cette exhortation au « vivre ensemble » reviendra comme un leitmotiv dans ses propos dès qu’il parlait de La Baule.

Ce sens du territoire, Olivier Guichard le tenait certainement de ses origines. Libournais du côté maternel, il était du côté paternel issu de ce pays situé « entre Loire et Vilaine ». Son grand-père dirigeait les Ateliers et Chantiers de la Loire qui deviendront les Chantiers de l’Atlantique. Il avait acheté le manoir Ker Olivier, à Assérac. Et son père était né à Saint-Nazaire. Il estimait ainsi qu’il « n’est jamais indifférent de savoir dans quelle terre se sont enfoncées les racines de nos croyances ». Et quand il évoquait ses racines, ses attachements, les lieux de ses émotions, il parlait simplement de « l’Ouest ».

Dans les nombreuses fonctions qu’il occupa, sa stature et sa prestance en imposaient, tandis que sa placidité rassurait. Il travaillait vite pour garder l’esprit libre et le temps de la réflexion. Une réflexion nourrie de sa vaste culture classique, littéraire et historique. J’ai eu l’occasion de le croiser à de nombreuses reprises, depuis cette première rencontre en 1988, quand, jeune étudiant, j’étais stagiaire au Club de la presse à Atlantia. J’en garde le souvenir d’un homme affable, courtois, malicieux. C’est certainement la journaliste Catherine Nay qui en dresse le portrait le plus exacte dans son livre « Souvenirs, souvenirs… » : « Olivier Guichard était pour moi un personnage de roman. Haut de taille, massif, sans être lourd, un joli regard bleu, intime, indiscret, avec en arrière-fond une petite lueur de nostalgie indélébile, qui se posait sur vous avec une bienveillance non feinte. Il émanait de lui une sensualité nonchalante, une densité rare. Il emplissait l’espace. Il souriait volontiers mais toujours avec un air pensif. C’était un placide. (…) Se défiant des théories et des doctrines, il se montrait subtil et plein de bon sens. (…) Guichard était un homme très fin, à la fois un rustique et raffiné. »

Comme vous le savez, cette exposition pour célébrer les 100 ans de la date de naissance d’Olivier Guichard a été organisée en très peu de temps. Mais elle constitue un moment symbolique. Dans 4 ans, ce sera le 20ième anniversaire de sa mort. Nous aurons alors davantage de temps pour commémorer cette date. Pour cette occasion, la ville de La Baule-Escoublac fera réaliser une statue en bronze grandeur nature d’Olivier Guichard, qui sera édifiée tout à côté de cet Hôtel de ville, place des Ecoliers. Plus qu’un simple nom d’avenue, qui existe déjà, de cette façon, nous donnerons à ce grand homme l’hommage que notre ville lui doit bien.

Je vous remercie.


Discours de Gatien Meunier

Je voudrais commencer mon propos par des remerciements ! Tout d’abord remercier notre maire, Franck Louvrier, pour m’avoir confié la responsabilité de monter cette exposition en me nommant Commissaire. Pour un ancien gendarme c’est un peu curieux, vous ne trouvez pas monsieur le maire ! Celles et ceux qui étaient présents le soir de son élection, soit le 28 juin, se souviennent peut-être que monsieur le maire a annoncé publiquement la tenue de cette exposition pour le 27 juillet. Ce qui me laissait 4 semaines, pas une de plus. Mais j’ai accepté ce chalenge destiné à évoquer le souvenir d’Olivier Guichard, car le cœur ne réfléchit pas et mon cœur à dit OUI !

Donc mes premiers remerciements iront à Franck qui me donne ainsi l’occasion de revivre ces temps là et je lui réserve un petit cadeau à la fin de mon propos. Hé heureusement que des amis se sont spontanément proposés pour me donner un coup de main. Car sans eux, c’eût été « mission impossible ». c’est pourquoi je tiens à tous les citer.

Je commencerai par citer Françoise Maugest, nous nous connaissons depuis bien longtemps avec Françoise et celle-ci a été la dernière collaboratrice parlementaire du député Olivier Guichard sur la 7ème circonscription. Elle est la mémoire vivante de cette époque et sa contribution a été précieuse pour bien replacer tous les événements dans leur contexte.

Je voudrais également remercier toutes celles et ceux qui m’ont aidé à des degrés divers : soit pour sélectionner les photos, les livres et les articles. Rédiger les textes que vous découvrirez en parcourant l’exposition. Il s’agit de Jean-Yves Le Huédé, Christian Millet, Philippe Rouger, Philipe Larue à qui j’ai confié la mise en place de la scénographie. Il a travaillé avec Philippe Grivaux, de l’association « La Baule Image » pour nous confectionner le film que vous pourrez voir dans le hall de la mairie. Il sera également visible sur le site de la ville. Nous y retrouvons des visages connus, avec 50 ans de moins. Certains sont toujours parmi nous d’autres sont partis trop tôt, hélas.

Je voudrais citer aussi David Texier pour l’organisation matérielle de cette exposition ainsi que Karine Duneau qui a mis tout ça en forme devant son écran d’ordinateur. Remercier également Delphine Filloux et Caroline Glon qui ont confectionné un quizz pour les jeunes. Les moins jeunes pourront également s’y exercer pour vérifier leurs connaissances. Enfin, un merci à la Région des Pays de la Loire pour nous avoir ouvert leurs archives ainsi que l’Archiviste de La Mairie de La Baule, Stéphanie Lafleur pour sa précieuse contribution. Les services de la DESAC pour leur soutien matériel et le Service Communication de la Ville, dirigée de main de maitre par Jean-Baptiste Brune. Voilà, j’en ai fini avec les remerciements, mais il me fallait tous les citer, tant ils ont été précieux pour permettre le succès de cette exposition. Une exposition que j’ai souhaité articuler autour de trois thèmes, trois idées-forces :

Un homme, un chemin, un lieu.

Un homme – homme d’Etat, homme d’action, homme de conviction : ouvert et réfléchi. La stature et la prestance d’Olivier Guichard en imposait : « Vieux sage », « baron du gaullisme », « nonchalant », « apathique » diront certains. Fichaises, comme le rappelait lors de ses obsèques Philippe Moret, qui fut l’un de ses proches collaborateurs dans différents Cabinets ministériels. « Il n’a rien fait pour combattre cette image ». Toujours selon Philippe Moret, « il avait le goût et le don de l’action. Tant qu’il a été, et partout où il a été en position d’agir, il a agi, innové, créé ».

Personnellement, pour l’avoir côtoyé à la fin de sa vie, je garde le souvenir d’un homme attachant et sensible, dont la simplicité n’avait d’égale que la générosité de cœur. Je me souviens de l’avoir vu pleurer à chaudes larmes, lorsque qu’avec un groupe d’amis, nous lui avions fait une surprise à l’occasion de ses 80 ans. Cette évocation fait ressurgir dans ma mémoire des images, des propos, des sourires et des silences qui font de la relation que chacun de nous a eu avec Olivier Guichard, quelque chose de singulier et de très personnel.

Un chemin - Pourquoi un chemin et pas une histoire ? Parce qu’une histoire se conte ou se raconte alors qu’un chemin se parcours. Et Dieu sait que les chemins peuvent être : pentus, sinueux, bosselés, bordés de précipices dangereux. Ce sont toujours des parcours de vie avec les aléas que cela comporte. Une vie qu’il a choisi de mettre au service de la politique au sens le plus élevé, le plus noble du terme.

A cette époque Olivier Guichard, de par sa proximité avec le Général de Gaulle a participé à écrire l’histoire de France. Depuis ses 20 ans en 40, il a été un français épris de la France. Comme le rappelle encore Philippe Moret : « Il est saisi par de Gaulle. ll est un homme public, œuvrant dans le climat de toutes sortes d’époques, à toutes sortes de niveaux, dans toutes sortes de responsabilités ». De 1947 à 1995, année où il cessa toute activité publique, il fut un aménageur, un modernisateur, un décentralisateur dans les différents ministères où il inscrivit sa marque : l’éducation nationale, l’aménagement du territoire, la justice. Ses réalisations sont nombreuses. Il tenait à ce que le développement se fasse d’une façon ordonnée en se préoccupant déjà à l’époque de ce que l’on appelle aujourd’hui « l’équilibre des territoires »

J’arrête là cette anthologie qui révèle bien son caractère.

Un lieu – L’arrivée d’Olivier Guichard en Loire-Atlantique en 1967, ce n’est pas qu’une circonscription à conquérir. C’est un attachement à un territoire « Entre Loire et Vilaine », comme il aimait à le dire. Il y avait une demeure familiale. De ces souvenirs d’enfance il dira : « je connaissais chaque paysage de la Presqu’île ». Puis il y a son arrivée à La Baule avec les élections municipales de 1971. Il s’efforça d’inscrire sa ville dans son époque. Les photos que nous avons pu retrouver pour cette exposition s’attachent à retracer les réalisations marquantes qu’il entreprit durant ses 24 années de Maire.

Mesdames et Messieurs, chers amis, voilà pourquoi je suis heureux de vous offrir ce voyage dans le temps et surtout la possibilité de découvrir un homme qui a beaucoup donné aux hommes et aux femmes de cette Presqu’île, comme il a beaucoup reçu de ces derniers.

Je terminerai mon propos en citant une dernière fois Philippe Moret parlant d’Olivier Guichard. Pour moi cette phrase a valeur d’ épitaphe : « Cette épaisseur humaine a laissé des traces qui nous sont précieuses, pour aujourd’hui comme pour demain ».

Je vous remercie !


EXPOSITION DANS LE HALL DE LA MAIRIE DE LA BAULE DU 27 JUILLET AU 29 AOUT