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Droit de réponse

Pour faire suite à la tribune publiée par Philippe GROSVALET, Président du Conseil Départemental de Loire Atlantique, dans l’édition du 11 février de Ouest France, je vous prie de bien vouloir trouver ci-après le droit de réponse de Gatien MEUNIER, Président du Groupe Démocratie 44 au Conseil Départemental de Loire Atlantique.


Droit de réponse à Philippe GROSVALET sur le RSA Par Gatien MEUNIER, Président du Groupe Démocratie 44

Quand arrêterons-nous les postures politiques, les caricatures qui consistent à considérer qu’il y a les gentils et les méchants. Les gentils élus de gauche, seuls à défendre la solidarité et les méchants élus de droite, défenseurs d’une France dure.

Qui peut nier aujourd’hui que la solidarité est au fondement du pacte républicain, auquel tous les élus, de Droite comme de Gauche, sont attachés ? Qui peut nier que les Conseils Départementaux, et avant eux les Conseils Généraux, portent des politiques publiques utiles et bénéfiques pour celles et ceux qui, pour une raison ou une autre, sont éloignés de l’emploi ? Personne ne méconnait l’ampleur de la situation et les conséquences qu’elles provoquent pour les 5 millions de chômeurs que connait notre Pays.

Le RSA, créé par un Gouvernement de Droite, constitue un droit fondamental pour assurer la survie de millions de nos concitoyens. Mais les résultats sont loin d’être au rendez-vous pour ce qui concerne la réinsertion sociale.

Qui peut nier, aujourd’hui, que malgré plus de 30 ans de politiques sociales, malgré plus de 20 ans d’emplois aidés, la situation se dégrade à coût de milliards d’euros d’argent public ?

Faut-il être inconscient, ou totalement déconnecté, pour ne pas vouloir ouvrir le débat sur les autres solutions qui pourraient exister. Ces solutions qui produisent des résultats concrets chez nos voisins européens. Ces solutions que les acteurs de terrain attendent avec impatience, eux qui sont déjà amenés à multiplier les dossiers suspendus du fait de l’absence d’une recherche active d’emploi.

S’interroger sur les politiques en vigueur, expérimenter de nouvelles pratiques, renforcer le contrôle des bénéficiaires pour limiter la fraude, proposer du bénévolat en échange d’une allocation … il faudra bien que les Départements innovent. C’est bien pour être encore demain en capacité de verser le RSA, alors que l’Etat se désengage comme jamais, et que sa politique économique a créé depuis 2012 plus de 600 000 chômeurs supplémentaires, alors que 1,7 millions de ménages ne sollicitent pas le RSA alors qu’ils y auraient droit, que les élus ont le devoir de sortir des positions idéologiques et dogmatiques et de trouver de nouvelles solutions.

En inventant le RSA, l’Etat a créé un droit indispensable. Mais dans une société en proie à la crise économique, parler de devoirs ne doit pas, ne peut pas constituer une stigmatisation à l’endroit des bénéficiaires. Parler des droits et des devoirs, ce n’est pas "s’attaquer aux plus pauvres" mais bien essayer de sortir de la spirale infernale de l’exclusion.

Ces deux aspects sont indissociables : nos institutions ne pourront assumer le financement du RSA pour tous ceux qui y ont droit sans renforcer les devoirs des bénéficiaires. Si cet équilibre n’est pas rétabli, c’est tout l’édifice du RSA qui s’écroulera au détriment de l’ensemble des bénéficiaires.

Si nous voulons poursuivre nos actions de solidarité afin de tenter de gommer les inégalités sociales, il faut que nous continuions à en avoir les moyens. Or comment ne pas être inquiet lorsque l’on sait que les Conseils départementaux doivent aux caisses d’allocations familiales (CAF), 110 millions d’euros du fait de leurs difficultés à honorer leurs dépenses liées à cette à allocation. Comment ne pas être inquiet lorsque l’on sait que 10 Départements seront dans l’incapacité de verser le RSA à la fin de l’année. La Loire Atlantique n’est pas concernée, mais sa situation financière se dégrade à une vitesse élevée, et dans 2 ans, la Loire Atlantique sera dans la même incapacité.

Alors, non Monsieur Grosvalet, il n’y a pas d’un coté les bons et de l’autre les mauvais élus.

Il y a ceux qui vivent dans le déni et pensent que les vieilles recettes finiront pas produire des résultats différents de ceux produits depuis 30 ans et ceux qui ont l’intime conviction que la réforme et l’innovation peuvent aussi s’appliquer aux politiques sociale et à l’emploi.