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Discours d’installation de Christelle Morançais

Mes chers collègues,

Je voudrais vous remercier pour votre confiance.

Cette confiance, elle me va droit au coeur.

Elle me va droit au coeur parce que c’est votre confiance, celle d’hommes et de femmes dont je connais la valeur, l’engagement constant et exigeant pour les Ligériens.

Cette confiance me va aussi droit au coeur parce que c’est la confiance de Bruno RETAILLEAU.

Mon cher Bruno, nous sommes nombreux dans cette assemblée à mesurer ce que nous te devons et ce que les Pays de la Loire te doivent. Chacun sait ce que tu nous as donné, ce que tu nous a appris également.

Pour ma part, je tire deux leçons de ton action.


- La première, c’est que l’on peut avoir des convictions fortes tout en rassemblant largement. Tu l’as montré.
- La seconde, c’est que pour ceux qui croient au travail, à l’effort, au dépassement de soi‐même, il n’y a jamais de fatalité.

Mon cher Bruno, nous sommes nombreux dans cet hémicycle à savoir combien la décision que tu as prise constitue un arrachement.

Mais je sais qu’en tant que Conseiller régional des Pays de la Loire et en tant que parlementaire ligérien, tu seras à nos côtés, à Nantes comme à Paris, pour défendre les intérêts des Pays de la Loire.

Alors je veux simplement te remercier, en mon nom bien sûr, mais aussi en notre nom à tous, en te manifestant notre attachement par nos applaudissements.

Mes chers collègues, cette confiance que vous m’accordez ce matin ne me donne aucun droit supplémentaire, seulement des devoirs.

Un devoir de combativité bien sûr.

Car d’Olivier GUICHARD à Bruno RETAILLEAU en passant par François FILLON, Jean‐Luc HAROUSSEAU et Jacques AUXIETTE, ceux qui m’ont précédé ont été des combattants.

Parce qu’ils se sont battus avec ténacité pour faire exister pleinement les Pays de la Loire dans le paysage des régions françaises.

Et croyez‐moi, je me battrai pour les Pays de la Loire, de toutes mes forces et de tout mon coeur.

J’ai un devoir de combativité mais j’ai aussi un devoir de vérité. Vérité sur ce que je suis, vérité sur ce que je crois. Je crois à des valeurs simples, de cette simplicité exigeante que les responsables publics ont parfois négligée. Cette complexité qui tend à diluer les responsabilités. Je crois à la sincérité, à cette nécessité pour moi de rester fidèle à ce que je suis.

Je suis une élue sarthoise.

Une élue qui, comme beaucoup d’entre vous, est venue à l’engagement politique par l’attachement à mon territoire, à ma ville du Mans.

Cette ville où je suis née, ou j’ai grandi, ou j’ai choisi de fonder ma famille et de développer mon activité professionnelle.

Cette ville qui m’a profondément imprégnée.

Je crois qu’il n’y a pas de véritable engagement politique sans ancrage territorial, sans cette attachement sincère à l’égard de celles et ceux avec qui l’on vit sur un même territoire.

Je suis aussi une chef d’entreprise. Une chef d’entreprise pour qui la performance, la réussite, sont des aspirations légitimes pourvu qu’elles restent arrimées à ces valeurs dans lesquelles ont toujours puisé les hommes et les femmes de notre région :
- le travail récompensé,
- le mérite valorisé,
- l’effort partagé.

Et je souhaite que nous fassions vivre davantage ces valeurs non seulement à travers nos politiques de soutien aux entreprises, mais aussi dans nos politiques de formation et nos politiques éducatives.

Enfin, je suis aussi une mère de famille. Une mère qui mesure concrètement les difficultés rencontrées par bien des femmes pour concilier vie professionnelle et vie familiale, pour obtenir non pas une égalité synonyme d’égalitarisme mais une égale liberté de choix.

Et la première des égalités, c’est le droit au respect.

Un respect qui, nous le voyons malheureusement aujourd’hui à travers l’actualité, n’est pas toujours garanti.

Je ne cherche pas à pointer du doigt, à faire des listes de coupables. Et ce d’autant plus que je crois que notre société est collectivement responsable tant parfois elle véhicule, à travers les médias ou la publicité, une image dégradée de la femme.

Et je crois que nous pouvons, à notre échelle, contribuer à casser cette image auprès des plus jeunes, à en montrer les dangers à travers une éducation au respect de la féminité ; une éducation à l’altérité même car je crois à cette belle complémentarité entre les hommes et les femmes.

Je souhaite que cette exigence, nous la portions dans nos politiques éducatives. Je ferai des propositions en ce sens.

Si je suis fière naturellement d’être la première Présidente du Conseil régional des Pays de la Loire, je ne veux pas être jugée sur ma qualité de femme, mais sur mes engagements.

Car si je crois à la sincérité, je crois aussi à la parole donnée, aux engagements tenus et en particulier à ceux que nous avons pris devant les Ligériens.

Mes chers collègues, un cap a été fixé en décembre 2015 et le changement de capitaine ne doit pas nous en faire dévier.


- Nous allons continuer à déployer notre nouvelle stratégie économique ;
- Nous allons continuer à mettre en oeuvre notre nouvelle offre de formation professionnelle ;
- Nous allons continuer à appliquer notre feuille de route pour la transition énergétique,
- à déployer notre politique d’innovation,
- notre nouvelle contractualisation,
- notre plan santé,
- notre pacte régional pour la ruralité.,
- notre stratégie agroalimentaire...
- Nous allons continuer dans la même direction avec une même ambition : faire ce pour quoi nous avons été élus.

Vous m’avez désignée pour tenir la barre, je le ferai en tenant tous les engagements que nous avons pris devant les Ligériens.

Tous, sans exception !

Mais naturellement, nous le ferons collectivement.

Nous le ferons grâce à l’esprit collectif qui a toujours guidé cette majorité. Une majorité riche de ses sensibilités, celles de la droite et du centre.

Une majorité qui jamais, sur aucun sujet, sur aucun dossier, ne s’est divisée. Parce que notre contrat de majorité, c’est le contrat de confiance que nous avons passé avec les Ligériens.

Parce que notre cohésion, c’est sur notre socle de convictions qu’elle repose.

Je tiens également à saluer les quatre groupes d’opposition, leur dire qu’ils ont le droit et même le devoir de défendre leurs convictions.

Je crois à la confrontation intelligente des idées, pas au consensus obligatoire.

Oui à la confrontation des idées donc, mais dans le respect des personnes.

Oui au débat, aux désaccords même, mais dans un cadre apaisé.

Et j’y veillerai, comme je veillerai à ce que nous puissions, lorsque l’intérêt régional l’exige, nous rassembler au‐delà de nos différences de sensibilités.

Car sur bien des sujets, sur bien des dossiers, nous dévons présenter le front le plus large possible : Je pense à STX, à la nécessité d’obtenir des garanties sur le maintien de l’emploi et des savoir‐faire sur le bassin de Saint‐Nazaire. Et c’est la raison pour laquelle nous exigeons que l’Etat nous transmette le pacte d’actionnaires ainsi que l’ensemble des clauses de l’accord passé avec Fincantieri.

Je pense à Notre‐Dame des Landes, un dossier sur lequel le Président de la République est davantage Janus que Jupiter : à force de médiation, de circonvolution, de ni oui ni non, on ne sait plus très bien ce que veut vraiment le Gouvernement !

Veut‐il la croissance grâce à de grandes infrastructures permettant de renforcer la compétitivité et l’emploi ?

Ou veut‐il la décroissance, la mise sous cloche des territoires au nom d’une écologie idéologique ?

Veut‐il le respect de l’Etat de droit ?

Ou bien l’état de fait dans lequel un groupe peut agresser, menacer, détériorer sans craindre d’être sanctionné ?

Pour notre part, la position de la Région ne changera pas d’un pouce :
- Nous demandons le respect du vote des électeurs et des décisions de justice,
- Nous demandons l’évacuation de cette zone de non droit qu’est la ZAD de Notre‐Dame des Landes !

Fermeté sur Notre‐Dame des Landes, mais fermeté également sur un autre sujet qui lui aussi, menace notre vitalité :

Je veux parler de l’attitude du Gouvernement actuel à l’égard des collectivités. Je veux parler des 450 millions d’euros promis par l’Etat aux Régions et qu’il vient pourtant de leur retirer, au mépris de la parole donnée justement !

Sur les quatre prochaines années, cela représente une perte de 123 millions d’euros pour notre région.

Je le dis avec la plus grande clarté : ce mépris pour les élus locaux est insupportable ! Les collectivités ne sont pas la variable d’ajustement budgétaire d’un Etat qui, disons le franchement, refuse de prendre ses responsabilités budgétaires.

Alors je ne sais pas si la France est en marche mais j’ai le sentiment que la décentralisation est à l’arrêt.

Je considère que c’est une faute grave, parce que cette décentralisation est le point d’équilibre que notre pays a réussi à trouver entre Unité nationale et liberté locale.

Malgré ce mauvais coup, nous tiendrons notre cap budgétaire, comme en témoigne le DOB qui vous sera soumis cet après‐midi.
- L’épargne brute sera préservée, à hauteur de 250 M€ sur l’ensemble du mandat.
- De même, nous maintiendrons l’objectif cible d’une capacité de désendettement à 7 années en fin de mandat tout en préservant un niveau d’investissement important d’une moyenne de 450 millions d’euros sur le mandat.

Mes chers collègues, ces objectifs de bonne gestion, j’y suis particulièrement attachée comme l’est naturellement celui à qui je souhaite confier la commission des finances, Laurent DEJOIE.

Laurent qui malgré l’ampleur de la tâche reste toujours optimiste. Comme tout habitant du vignoble nantais, il préfère voir la bouteille à moitié pleine qu’à moitié vide !

Ces objectifs budgétaires sont la condition de notre efficacité, cette efficacité dans l’action à laquelle je crois parce que pour être crédible, Il faut être efficace. La politique se meurt de cette incapacité à obtenir des résultats. Le premier moteur de l’abstention, c’est l’impuissance publique. Cette impuissance, je veux que la Région contribue à la briser. En simplifiant tout d’abord. Plus le mur de complexités administratives s’élève, plus les énergies sont bridées, paralysées.

Ce chantier de la simplification, nous l’avons très largement lancé,
- notamment en simplifiant nos aides économiques cher Paul JEANNETEAU,
- ou même notre stratégie européenne en nous dotant de véritables priorités.
- Ce chantier, nous le poursuivrons, notamment avec le SRADETT cher Maurice PERRION, qui ne sera pas une nouvelle usine à gaz produisant de nouvelles contraintes pour les territoires.

C’est pour cette raison que nous avons choisi de prendre le temps de la concertation, pour une adoption en juillet 2019.

Etre efficace, c’est aussi privilégier des solutions qui marchent. Je pense à l’apprentissage naturellement, pour lutter contre le chômage des jeunes.

Je reviendrai tout à l’heure sur la question de l’emploi mais je voudrais simplement dire une chose : il est facile de proposer aux jeunes des emplois subventionnés, parce que dépenser c’est toujours le choix de la facilité.

Mais quelle garantie de pérennité de l’emploi peut‐on apporter à ces jeunes lorsque l’argent public se fait de plus en plus rare ? Aucune bien sûr.

Ce qui est responsable, ce qui est efficace, c’est de créer dans la durée les conditions d’une véritable insertion, comme avec l’apprentissage ou même le plan contre le décrochage que nous avons adopté en mars dernier.

C’est efficace car vous le savez,
- Nous avons obtenu des premiers résultats.
- Nous avons réussi à inverser la courbe du nombre d’apprentis dans notre région : elle était orientée à la baisse lorsque nous sommes arrivés, elle est désormais orientée à la hausse depuis la rentrée 2016.

Les chiffres que nous communiquerons en décembre montreront que la dynamique continue de s’amplifier.

Cette dynamique, elle est aussi le produit d’une méthode, celle à laquelle je crois :
- le dialogue avec les acteurs,
- l’échange avec nos partenaires,
- l’intelligence collective.

L’esprit du Grenelle, c’est l’esprit dans lequel je veux agir.

Pour conclure sur ce point, je voudrais simplement dire que comme vous tous, j’ai entendu les promesses du Président de la République pour déverrouiller l’apprentissage. Et j’attends que ces promesses soient suivies d’effets, car dans ce domaine trop d’engagements n’ont pas été tenus.

Je voudrais également ajouter une chose : Cette réussite du plan de relance de l’apprentissage, nous l’avons obtenue grâce aux équipes qui se sont mobilisées. Et je peux témoigner que nous avons la chance d’avoir à la Région des collaborateurs de grande qualité et donc d’une grande efficacité.

Je veux les saluer pour leur engagement et leur professionnalisme J’irai à la rencontre des agents dans chaque direction, comme je rencontrerai prochainement les représentants du personnel.

Mes chers collègues, l’efficacité est nécessaire. Mais elle est un moyen, pas une fin. Un moyen au service d’un projet, d’une vision même. Car s’il est une collectivité qui doit être visionnaire, pionnière même, c’est bien la Région dont la majorité des compétences dessine une seule et même exigence : la préparation de l’avenir, de la formation jusqu’à l’innovation.

Avoir une vision, c’est savoir distinguer ce qu’il faut améliorer mais aussi, parfois, ce qui vaut d’être conservé : je me méfie autant du culte nostalgique du passé que du culte systématique de la nouveauté. « Améliorer ce qu’il faut, conserver ce qui vaut » : voilà la boussole qui doit nous permettre de nous orienter dans ce monde nouveau qui est le nôtre. Conserver ce qui vaut tout d’abord. Il ne s’agit pas bien sûr de conserver par conservatisme.

Je crois à la nécessité d’une transformation, notamment sur le plan économique où notre pays doit engager les grandes réformes nécessaires.

Mais tout ne peut être livré à la transformation permanente. Et nous voyons aujourd’hui les limites du vieux principe selon lequel « rien ne se perd, tout se transforme ».

Certaines choses qui se sont transformées nous apparaissent parfois comme des choses perdues ou en voie de perdition.


- Je pense à notre environnement, aux atteintes parfois irrémédiables à notre patrimoine naturel.
- Je pense aussi à notre patrimoine culturel, parfois menacé par une certaine uniformisation des pratiques et même des expressions culturelles.

C’est de cette conservation, synonyme de diversité et de responsabilité, dont je veux parler et pour laquelle nous devons agir.

Et nous allons continuer à agir dans les prochains mois. Je ne vais pas vous faire un catalogue à la Prévert, seulement vous dire que :
- Sur l’équilibre des territoires et en particulier la ruralité, cher Maurice PERRION, nous allons continuer à mettre en oeuvre le pacte, à travers par exemple le lancement du dispositif Pays de la Loire Commerce Artisanat dans quelques semaines.-Sur l’environnement cher Laurent GERAULT, nous continuerons à agir en faveur d’une écologie positive, celle qui nous a guidés pour l’élaboration de la feuille de route sur la transition énergétique et qui nous guidera sur la stratégie régionale pour la biodiversité que nous adopterons au BS.
- Je n’oublie pas la culture chère Laurence et la poursuite de la mise en oeuvre de notre nouvelle stratégie culturelle adoptée en juin. Une stratégie qui d’ores et déjà nous permet de porter de grands projets culturels comme la création d’un musée d’art moderne à Fontevraud grâce à la donation Cligman ou l’extension du FRAC à Nantes.
- Un mot sur le bénévolat : comme nous nous y étions engagés, la Région va impulser la création d’une fondation pour promouvoir cette culture de l’entraide qui est dans notre ADN. Ce projet verra le jour dans les mois qui viennent, avec la Fondation de France qui a accepté de nous accompagner.
- Et je voudrais évoquer la plus belle des ressources dont nous disposons, la plus précieuse :

Notre jeunesse mon cher Antoine. Nous aurons deux grands rendez‐vous dans les mois qui viennent : l’adoption au Budget de notre nouvelle stratégie d’investissement dans les lycées, et l’élaboration d’un plan pour l’orientation en mars 2018, avec tous les partenaires de la Région, qui devra permettre d’améliorer l’information et l’accompagnement des jeunes ligériens.

Nous devons conserver ce qui vaut mais nous devons aussi faire évoluer ce qu’il faut.

J’ai parlé de la nécessaire transformation économique dont nous avons besoin. Si cette transformation appelle des réponses nationales, elle nécessite aussi des réponses régionales.

Dans ce domaine nous avons fait beaucoup, mais nous pouvons faire encore plus. Notamment sur l’emploi. Jamais Je ne me résoudrai à dire que face au chômage, « on a tout essayé ». Il n’y a pas de fatalité.

J’en veux pour preuve que dans bien des secteurs et sur bien des territoires, Beaucoup d’entreprises n’arrivent pas à recruter. Plus qu’un gâchis, c’est un scandale.

Et un scandale dont les pouvoirs publics dans leur ensemble sont directement responsables.

Car quelle est la cause véritable de cette situation ? C’est la multiplication de mesures disparates et technocrates qui au lieu de rapprocher l’offre et la demande d’emploi, les ont au contraire éloignées.

A force d’empiler les dispositifs et les politiques de l’emploi bricolées dans les grandes administrations, sans concertation avec les entreprises, On a créé un mur bureaucratique qui rend aveugle aussi bien les employeurs que les demandeurs d’emplois : Je pourrais vous donner des dizaines d’exemples d’entreprises qui ignorent qu’il existe sur leur territoire une offre de formation qui répond à leurs besoins de compétences.

Comme je pourrais évoquer de nombreux cas de demandeurs d’emplois qui n’ont pas connaissance des opportunités d’emplois qui parfois, existent près de chez eux.

Voilà où conduit une vision administrée de l’économie : à l’aveuglement généralisé ! Alors ce mur bureaucratique, Je veux le faire tomber dans les Pays de la Loire.

Je veux que la Région innove pour rapprocher les employeurs des demandeurs d’emploi, pour qu’ils se voient, pour qu’ils se parlent. Et ce rapprochement, il ne peut évidemment pas se faire dans l’éloignement, en agissant depuis l’Hôtel de Région à Nantes.


- Il doit se faire dans les filières et nous avons commencé à le faire d’ailleurs : je pense à notre plan de formation pour la navale, pour que les entreprises du secteur puissent trouver des tuyauteurs, des soudeurs, des chaudronniers, des charpentiers métal, des dessinateurs industriels…
- Mais ce rapprochement, il doit aussi se faire sur les territoires, à l’échelle des bassins d’emplois qui n’est peut‐être pas toujours l’échelle des administrations, mais qui est l’échelle des solutions : C’est en travaillant par bassins d’emplois que l’on peut solutionner rapidement les besoins de compétences, en prenant en compte les spécificités de chaque territoire.

C’est en travaillant par bassins d’emplois que l’on peut lever concrètement les freins à l’emploi : sur la mobilité, sur le logement etc... Ce que je vous propose, c’est de faire du « sur mesure territorial » Comme nous avons fait du « sur mesure entrepreneurial » Je ne vous propose pas un grand schéma de l’emploi, mais un plan de bataille pour l’emploi sur chaque territoire.

Nous allons passer à l’offensive sur les 19 bassins d’emplois : à l’intérieur de chaque bassin,

Nous construirons avec nos partenaires une offre de solutions locales pour les entreprises qui recrutent.

De même, nous identifierons une quinzaine d’entreprises volontaires ayant des besoins de compétences : Ces entreprises bénéficieront d‘un accompagnement individualisé et d’un référent unique qui activera l’ensemble des solutions, pour mettre fin au morcellement institutionnel qui caractérise les politiques de l’emploi.

Un morcellement contre lequel nous devons nous prémunir également en interne. Je souhaite que nous décloisonnions davantage notre travail, notamment entre la commission emploi et la commission entreprise.

Je chargerai un élu de la commission 2, Sébastien PILARD, et une élue de la commission 3, Nathalie GOSSELIN, d’une mission d’innovation sur l’emploi, Afin qu’ensemble, à partir du travail dans leurs commissions respectives, ils puissent faire émerger des solutions innovantes et transversales.

Nous pouvons faire plus pour l’emploi.

Mais nous pouvons faire plus pour les services également, Pour rapprocher la Région des usagers : Ce rapprochement est nécessaire, pas seulement sur un plan pratique mais sur un plan démocratique également. Parce ce que la défiance se nourrit de la distance. Et nous avons aujourd’hui un formidable outil avec le numérique pour réduire cette distance.

Si nous avons fait beaucoup sur les infrastructures, nous pouvons faire davantage sur les usages :
- Je pense bien sûr au portail régional de l’apprentissage que nous avons créé.
- Je pense également à la dématérialisation de certaines aides économiques, un processus que nous devons amplifier et accélérer, et pas seulement dans le domaine économique.

Nous avons par exemple créé avec le Département de la Vendée une plateforme web recensant les aides territoriales de la Région et du Département. C’est une initiative qui pourrait être élargie.

Je souhaite qu’à la fin du mandat, la grande majorité des aides régionales soit dématérialisée.


- Je pense aussi cher Roch BRANCOUR aux transports et à la mise en service début 2018 d’une nouvelle application grâce à laquelle les usagers des TER pourront recueillir des informations entièrement fiables sur les problèmes de qualité de service.
- Sans oublier un projet qui me tient à coeur : le e‐billet multimodal.

Je sais qu’il existe un certain nombre de difficultés techniques mais je souhaite qu’avec nos partenaires et en particulier les agglomérations, nous puissions avant la fin du mandat, réaliser ce projet.

Autre domaine qui me tient à coeur et dans lequel nous pouvons aller encore plus loin : La coopération interrégionale.

La constitution de grandes régions a évidemment changé la donne. Il nous faut peser encore davantage. Je crois qu’en regroupant nos forces, nous pouvons obtenir les mêmes atouts que les grandes régions sans avoir à supporter les lourdeurs des fusions administratives.

C’est une nécessité.

Ne serait‐ce qu’en raison du développement des mobilités qui fait que pour un grand nombre d’entreprises et d’habitants, l’interrégional est déjà une réalité. D’où d’ailleurs la nécessité de disposer de grandes infrastructures.

J’en profite pour souligner que nous demandons à l’Etat de tenir ses engagements dans le CPER :
- sur la modernisation de la ligne Nantes‐Bordeaux,
- le contournement de Donges
- la modernisation de la ligne Clisson‐Cholet pour laquelle nous attendons 7 M€ avant la fin de l’année.

Les grandes infrastructures, les grands défis économiques ou technologiques : tout cela ne peut être envisagé à l’échelle d’une seule région.

L’exemple de SMILE qui fait de l’Ouest le territoire d’expérimentation sur les réseaux intelligents doit constituer une source d’inspiration. Le numérique, la croissance bleue, l’agriculture et l’agroalimentaire chère Lydie BERNARD, sont autant de secteurs d’activité où avec la Bretagne, la Normandie, ou le Centre Val de Loire, nous avons des atouts communs et donc aussi des défis communs.

Je souhaite donc que les Pays de la Loire soient le moteur d’une nouvelle dynamique pour le Grand Ouest. Je contacterai très prochainement les Présidents des Régions voisines.

Mais je crois que nous pouvons réfléchir à un échange plus large, entre territoires et pas seulement entre responsables politiques.

Plusieurs initiatives pourraient être lancées collectivement dans ce sens. Nous pourrions par exemple impulser une réflexion sur l’organisation d’Etats Généraux de l’Ouest.

Qui rassembleraient tous les représentants des territoires et des forces vives de nos régions.

Cette rencontre nous permettrait de définir ensemble une feuille de route afin de relever les grands défis communs et être à la hauteur de cet esprit pionnier qui a toujours été celui des hommes et des femmes de l’Ouest.

Mes chers collègues, pour conclure, je voudrais vous dire que je sais ce qui a été fait mais aussi ce qu’il reste à faire : les défis, les urgences, les obstacles même, rien ne sera facile dans ce moment qui conjugue toutes les difficultés : économiques, sociales, territoriales...

Je sais aussi la difficulté à présider une région à l’heure où les moyens des collectivités sont continuellement rognés. Mais je sais aussi la volonté qui est la mienne.

Mes chers collègues, ne doutez pas un instant de ma volonté d’être pleinement présidente de la région des Pays de la Loire. Nous avons prouvé ces deux dernières années que nous ne céderons jamais à la fatalité, et bien nous le prouverons encore, et même davantage, pour les Ligériens et pour les Pays de la Loire.

Alors vive les Ligériens, vive les Pays de la Loire !

Christelle MORANÇAIS