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COMMUNIQUE DE PRESSE

Hôpital de Nantes :

Laurence Garnier écrit à Olivier Véran à propos de la suppression annoncée de 350 lits et de 800 emplois

Lancé le 25 mai 2020 par le Premier Ministre et le Ministre de la Santé, le Ségur de la Santé doit permettre de renforcer notre système de santé en investissant dans l’hôpital et en revalorisant les carrières médicales et paramédicales. Dans ce contexte, Laurence Garnier écrit au Ministre de la Santé à propos de la situation préoccupante du projet de déménagement du CHU de Nantes qui prévoit la suppression de 350 lits d’hospitalisation et de 800 emplois.

Monsieur le Ministre,

Plusieurs professionnels de santé vous ont déjà alerté sur ce sujet au cours de ces dernières semaines. Un courrier signé par deux sénateurs de Loire-Atlantique vous est également parvenu. L’année dernière, une pétition signée par plus d’une centaine d’élus locaux de Loire-Atlantique avait été adressée à Madame la ministre Agnès Buzyn, qui vous a précédé au ministère de la Santé.

Je souhaite aujourd’hui, en tant qu’élue municipale de Nantes et vice-présidente de la Région des Pays de la Loire, saluer vos récentes déclarations. Le 5 avril dernier, dans le cadre de la crise sanitaire que nous traversons, vous avez annoncé que « tous les plans de réorganisation (hospitalière) sont évidemment suspendus à la grande consultation qui suivra ».

L’annonce du « Ségur de la Santé » devrait permettre de reconsidérer ce projet et de lui choisir un autre site d’implantation pour trois raisons importantes :

1. La diminution annoncée de 350 lits d’hospitalisation, ainsi que la suppression programmée de 800 emplois. Alors que notre agglomération grandit, que la population vieillit et que notre région est la moins bien dotée de France en lits de réanimation par habitant, confirmer la suppression de 350 lits à Nantes serait particulièrement inadapté, au regard de la crise que nous venons de vivre ;

2. Le site choisi pour ce nouvel hôpital, l’île de Nantes. Enclavé entre deux bras de la Loire, c’est une ancienne décharge industrielle, polluée et survolée par des avions à basse altitude. La zone est inondable et son accès est difficile pour les Nantais, comme pour les patients de la région, qui représentent 85 % de la patientèle de l’hôpital. Le choix de ce site correspond bien plus à une volonté d’aménagement urbain de ce secteur de la ville, qu’à un projet de santé organisé et cohérent.

3. Le coût du projet, évalué à un milliard d’euros. Entre 1/4 et 1/3 de ces coûts sont liés à l’endroit choisi, à la dépollution du site, au cuvelage du parking souterrain , à l’implantation de pieux à 30 mètres de profondeur… autant d’argent public qui n’ira pas à la santé des Nantais et des habitants de la Région. L’État doit financer ce projet à hauteur de 225 millions d’euros, mais d’ores et déjà le CHU de Nantes a fait savoir qu’il aurait besoin d’une participation de l’État bien plus importante que celle annoncée.

Le sens même du projet est aujourd’hui profondément remis en question. Initialement conçu par la communauté médicale comme un regroupement des trois structures de soins publiques et parapubliques nantaises, ce projet a perdu son sens dès lors que l’institut de cancérologie de l’Ouest a fait savoir qu’il ne serait pas en capacité de rejoindre ce site.

Monsieur le ministre, il est encore temps de repenser ce projet. D’autres solutions existent pour notre hôpital public, notamment sur le site de l’hôpital Laënnec, au nord de Nantes, qui dispose de 50 hectares à proximité immédiate du centre de lutte contre le Cancer ICO et de l’accélérateur de particules du Cyclotron, équipement de pointe pour la recherche et la santé publique à Nantes.

Contact presse : contact@laurencegarnier.com