UMP 44

ACCUEIL > Budget primitif 2017 du Conseil Départemental

Actualités

Budget primitif 2017 du Conseil Départemental

INTERVENTION DE GATIEN MEUNIER

PRÉSIDENT DU GROUPE DÉMOCRATIE 44

Monsieur le Président, Monsieur le Vice-président, Chers collègues,

Comme le rappelait à l’instant mes différents collègues intervenus successivement, nous portons une vision, une ambition et une exigence pour l’avenir de cette collectivité clairement différentes du projet que vous nous proposez à travers ce budget et ceux qui l’ont précédé.

Vous nous proposez une gestion au fil de l’eau, qui suit les évolutions que vous décrivez comme « naturelles » et qui, par exemple, conduit à augmenter d’année en année nos dépenses d’administration. Votre budget ne traduit pas la « permanence dans l’adaptation » comme vous le décrivez en préambule de ce rapport, mais plutôt « la constance dans l’immobilisme », que je qualifierais de politique de l’autruche ! Pauvre bête !

A contrario, ce que nous considérons comme « naturel », c’est que notre collectivité se donne les moyens d’assumer pleinement ses missions essentielles, celles qui justifient son existence et les deniers publics qui lui sont alloués.

Face aux contraintes financière, nous devons d’abord optimiser notre fonctionnement interne, le rendre plus économe et plus efficace, avant de sacrifier nos missions et nos partenaires.

→ Être plus économe dans notre fonctionnement interne, c’est d’abord, bien évidemment, optimiser le premier poste budgétaire en la matière et la première ressource dont dispose cette collectivité : la ressource humaine. Nous avons entendu dans cette assemblée de très nombreux messages d’amour ; comme dit le vieux proverbe « qui trop embrasse mal étreint".

Aussi, comme nous avons eu l’occasion de le rappeler lors de l’examen du rapport relatif aux ressources humaines, et je le répète ici : il est indispensable d’ouvrir le chantier des 35 heures en associant les agents dans un dialogue constructif. Le choix du statu quo en la matière pèse lourd dans notre fonctionnement.

Ce n’est pas rendre service à notre collectivité, à nos agents, que de ne pas ouvrir ce dossier dans la concertation, le dialogue, pour recueillir l’adhésion de tous selon la logique du « gagnant/gagnant ».

Il ne s’agit pas de stigmatiser les uns ou les autres, les maires présents dans cet hémicycle et de nombreuses collectivités ont entrepris pour beaucoup d’entre eux cette démarche, que penser des magistrats de la Chambre régionale des comptes qui ne sont pas connus pour être des « va-t-en-guerre » lorsqu’ils n’ont de cesse de préconiser ce retour au seuil légal.

Pour nous, cela représenterait 8 millions et demi d’euros par an pour notre collectivité, soit à titre de comparaisons :
-  2 fois le budget consacré à la jeunesse
-  6 fois la totalité des aides individuelles à l’insertion
-  11 fois le budget consacré à l’économie de proximité durable et créatrice d’emplois.

Je ne reprendrais pas une à une ces économies susceptibles d’être réalisées dans ce domaine comme dans bien d’autres. Nous avons au sein du Groupe travaillé sur un catalogue de propositions dont voici 2 exemples :
-  Une réduction de 20 % de l’absentéisme lié aux seules maladies ordinaires représente une économie de 1,6 M€ par an, (une prudence est à observer au regard de cet absentéisme lié parfois à la souffrance pas au travail),
-  Une réduction de 25 % des moyens attribués au COS et à l’ALC, à travers un meilleur ciblage des prestations, tel qu’évoqué lundi, représente une économie de 1,8 M€ par an

Il ne s’agit pas ici de lister toutes les pistes d’efficience possibles, mais l’addition de ces objectifs et de quelques mesures plus marginales mais néanmoins intéressantes permettrait déjà, dans la configuration actuelle, d’économiser plus de 17 M€ par an sur le seul poste des ressources humaines et sans même entamer une démarche de réduction des effectifs.

→ Être plus économe dans notre fonctionnement interne, c’est également développer les mutualisations dans tous les domaines et avec le plus grand nombre de partenaires possible. Cette mutualisation concerne notamment les dépenses relatives aux achats et prestations de services, qui représentent un budget de 106 M€. Les expériences d’autres Départements nous montrent que ces démarches de mutualisations aboutissent en moyenne à une économie de 20 %. Notre collectivité a entamé ce travail, elle doit à présent aller beaucoup plus loin et beaucoup plus vite dans cette démarche. Ayons en tête que même lorsque nous aurons exploiter la moitié de ce gisement d’économie, dont nous sommes encore très loin, nous pourrions encore économiser 10 M€ dans ce domaine ! De nombreux Départements sont plus avancés et nous montrent la voie. Je pense notamment aux Départements de l’Eure-et-Loir, du Loiret et du Loir-et-Cher, qui ont créés une centrale d’achat qui regroupe désormais 560 adhérents et qui permet, par la même occasion, de générer des économies très importantes dans les budgets des communes et EPCI adhérents.

→ Être plus efficace c’est enfin cesser de disperser l’action départementale et maximiser son efficacité. Il s’agit de recentrer nos interventions sur notre cœur de métier, notamment l’accompagnement des publics fragiles, le développement des territoires aux ressources les plus faibles et l’accueil des collégiens.

Une administration à la fois plus sobre et plus efficace, des dépenses de fonctionnement recentrées sur nos compétences, ces deux axes sont la clé du redressement des finances du Département car les économies qu’ils génèrent sont reconduites d’année en année et confortent notre épargne, que nous pouvons alors mobiliser pour investir et réduire nos charges financières.

Vous aurez compris que ce budget primitif ne répond pas à nos attentes, nous voterons contre !